Main Menu

Une fille de 8 ans a attaqué son père et son mari en justice et a demandé le divorce.
Écrit par Le Courrier d'Algérie   

LE MARIAGE PRÉCOCE DES FILLES EST-IL UN VIOL ?

 

La chaîne de télévision BBCArabic consacre le numéro d’aujourd’hui de son émission « Noktat hiwar » au mariage précoce des filles dans le monde arabe. « Le mariage des mineurs est il un viol ? » est le thème choisi pour ce numéro. Le mariage avant la majorité légale est un phénomène qui existe dans la plupart des pays arabes. Certains trouvent dans le mariage du prophète Mohamed avec sa femme Aicha à l’âge de 9 ans un argument pour justifier cette pratique. Hors le mariage n’a été consommé qu’une fois que Aïcha a atteint l’âge de 15 ans. Les lois occidentales considèrent le mariage des filles avant l’âge de majorité légale fixé à 18 ans comme un viol. En Algérie, « la capacité de mariage est réputée valide à 21 ans pour les hommes et à 18 ans pour les filles » selon le code de la famille. Cependant, une dispense d’âge peut être accordée aux mineurs si nécessité existe. Au Maroc la sonnette d’alarme a été tirée en 2006 par le parlement quant à la hausse des demandes de dispense pour le mariage des mineurs. Un quotidien marocain avait rapporté que 12% des Marocaines mineures portent déjà le statut de femmes mariées. Il serait peut -être plus ou moins facile d’accepter qu’une fille de 16 ou 17 ans soit mariée. Il est complètement choquant, par contre, de le faire lorsqu’il s’agit d’enfants de 10 ans et parfois moins. Les pays arabes ont adopté les lois occidentales qui fixent l’âge du mariage à 18 ans. Malheureusement cette loi continue à être transgressée dans beaucoup de cas. C’est dans les milieux ruraux où les us qui triomphent sur toute législation que le plus grand nombre de dépassements est enregistré. Le mariage des filles avant l’âge de 18 ans est monnaie courante dans ces milieux. L’analphabétisme et la pauvreté ne font que renforcer une mentalité qui prétend que de marier sa fille au tendre âge serait une assurance de son avenir. En Arabie Saoudite, au Yémen, au Maroc, en Algérie…des fillettes en âge de jouer avec des poupées sont confrontées à assumer des responsabilités morales et physiques dédiées aux femmes adultes. L’origine du débat enclenché par Le BBCArabic serait l’histoire d’une fille de 8 ans qui a demandé le divorce au Yémen. L’enfant a été marié à un homme d’une trentaine d’années pendant deux mois. Supportant mal les « obligations physiques » du mariage, elle a prié maintes fois ses parents de mettre fin à son calvaire. Faisant la sourde oreille, les parents ne firent rien pour l’aider. L’enfant prenant son courage à deux mains, s’est adressé elle-même à la justice. Elle y a attaqué son père et son époux et a demandé le divorce au début du mois en cours. Le divorce lui a été accordé après quelques jours par la cour yéménite. Cette affaire a été largement médiatisée par les médias arabes et mondiaux. L’avocate de l’enfant a assuré que ce genre de pratiques n’est pas aussi rare qu’on le pense.
Lamia Brahimi