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POURQUOI LES ALGÉRIENS PRÉFÈRENT LA TUNISIE
Écrit par Le Courrier d'Algérie   

 

 

DOSSIER
     VOLS, AGRESSIONS, SALETÉ, TARIFS EXHORBITANTS…
 Que reste-t-il de la côte algéroise ?
     BÉJAÏA
  Les plages se bidonvilisent

Schématisé dans un plan directeur pour l’horizon 2025, le tourisme algérien va mal. Il n’arrive pas à décoller. La volonté affichée des pouvoirs publics «pour permettre à notre pays de se placer au plan international et de conquérir dans les années à venir une position de destination touristique reconnue» est contredite quotidiennement sur le terrain. Aucun afflux massif sur les sites «promus», comme le prévoyaient avec beaucoup d’assurance les responsables du secteur, de touristes étrangers, tant attendus, point, encore moins de «nationaux» trop occupés à arrondir leur fin de mois. Ceux qui ont les moyens vont en Tunisie, destination sur laquelle ont été enregistrés 77 419 départs en juillet dernier.

 Malgré l’attrait que pourraient présenter nos 1 200 km de bande côtière, la cuvée 2008 est de piètre qualité. De très mauvais goût. Pire encore, les quelques milliers d’Algériens amoureux d’évasion et de détente en pareille période de canicule, encore capables de s’offrir des vacances, préfèrent plutôt lorgner du côté de la Tunisie où « un accueil chaleureux leur est réservé ». Pourtant, lors du l’inspection de la plage pilote d’El Kadous, Chérif Rahmani a dévoilé le slogan de la saison estivale 2008 :« Je préfère l’Algérie ». Paradoxal ! Son département a-t-il affirmé, oeuvre à l’aménagement des quatorze plages pilotes, réparties sur les quatorze wilayas côtières, pour en faire des modèles en matière de gestion, d’hygiène, de sécurité, d’accueil et d’animation. En juillet dernier, 77 419 Algériens, dont 4 567 par voie aérienne, se sont rendus chez nos voisins de l’est selon les chiffres de la DGSN. Un chiffre cependant très en deçà des attentes des opérateurs tunisiens qui tablaient sur un million de touristes algériens. Cette baisse sensible s’explique par plusieurs facteurs, notamment ceux liés aux conditions sociales de nos compatriotes mais aussi au caractère de l’Algérien, peu enclin à voyager et… revenir. Est-ce à dire pour autant que nos «touristes» suivent plutôt le slogan du ministère ? Difficile de le croire. Des rapports qui nous sont parvenus de plusieurs localités côtières du pays font état de «la désertion massive des lieux». Triste constat alors que le ministère du tourisme s’est tagué dès le début de la saison estivale d’avoir tout préparé. Même si la destination Algérie comme cela a été rapporté «est très prisée», le gros des touristes (moins de 2 millions annuellement) représente la communauté algérienne vivant à l’étranger qui, comme il est de coutume, «rentre au bled» pour les fêtes familiales et la chorba du mois de Ramadhan. De l’avis de nombreux estivants que nous avons rencontrés, nos plages demeurent d’une insalubrité déconcertante à laquelle il faut ajouter l’anarchie qui y règne, l’insécurité pas totalement maîtrisée mais aussi et surtout le manque flagrant d’infrastructures d’accueil qui profite généralement à certains «privés» peu scrupuleux qui trouvent ainsi une aubaine pour s’enrichir l’espace d’un été en louant leurs «bicoques» et autres «quatre murs» à des prix exorbitants (allant jusqu’à 60 000 dinars/mois) sans même daigner offrir la moindre commodité au client «de passage». Edifiant ! L’été tire à sa fin et l’Algérie du tourisme reste sur sa faim. Il faudrait redoubler d’efforts et travailler d’avantage tout en gardant espoir. Beaucoup de choses restent à faire et parfaire. L’horizon 2025 est encore loin…

 Saïd Mekla