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Vingt ans de prison pour meurtre
Écrit par Le Quotidien D'ORAN   

par A. Mallem

Un simple regard de travers peut conduire au crime, même si les protagonistes sont des amis de quartier. C'est le drame qui s'est produit un 6 juillet 2003 à la Nouvelle Ville Ali Mendjeli de Constantine à la suite d'une dispute qui a éclaté entre H.A., la victime, et son meurtrier M.K., 22 ans, à cause d'un clin d'oeil équivoque fait par le premier à l'endroit du second, lequel n'aurait pas du tout apprécié le geste qu'il avait pris pour une provocation. Il sortit son couteau et voulut frapper son vis-à-vis qui s'est défendu à l'aide d'une barre de fer. Des passants s'étaient heureusement interposés pour séparer les deux protagonistes qui partirent chacun de son côté.

Malheureusement, les choses ne se sont pas arrêtées là et vers 13 heures, lorsque M.K. était occupé à son travail comme gardien de parking dans le quartier, il fut alerté par des gamins que H.A., armé d'un poignard, était à sa recherche. M.K. monte à son domicile, prend à son tour un poignard et descendit. Une dispute s'engagea alors entre les deux «belligérants» et se termina d'une manière tragique lorsque le premier parvient à asséner au second un coup de poignard à l'épaule lui occasionnant une forte hémorragie qui lui fut fatale.

Tels sont les faits de cette malheureuse affaire jugée mercredi dernier par le tribunal criminel de Constantine qui a prononcé une peine de 20 années de prison à l'encontre de M.K. pour meurtre avec préméditation sur la personne de H.A., tout en le condamnant au versement de 30 millions de centimes à la mère de la victime et 4 millions de centimes à chacun de ses frères au nombre de dix.

L'audition de deux témoins apporta d'autres détails corroborant la thèse de la préméditation de la part de M.K.

Ainsi, si le premier témoin n'apporta rien de probant aux faits tels que relatés plus haut, le second, par contre, relate une autre version des faits qui ont été à l'origine de la reprise des hostilités entre M.K. et H.A. Il affirma qu'à la date des faits qui avaient généré la première dispute, il a vu l'inculpé, accompagné de quatre autres personnes, se présenter devant le domicile de la victime et l'appeler. La mère de H.A. sort et lui dit que son fils était en train de dormir. M.K. l'insulta copieusement avant de rebrousser chemin avec ses accompagnateurs. Tout de suite après, H.A. sort à la recherche de l'inculpé pour lui demander des comptes à propos des insultes faites à sa mère. La nouvelle rixe se produisit alors et M.K. a porté un coup de poignard mortel à H.A. Au cours de toutes ses auditions, l'inculpé a reconnu les faits tout en disant que c'est la victime qui l'avait provoqué et qu'il n'avait pas l'intention de la tuer. Le parquet, considérant que les éléments du crime avec préméditation étaient établis à la suite des aveux de l'inculpé et des déclarations des témoins, demanda la perpétuité. La défense, dans sa plaidoirie, mit l'accent sur les remords ressentis douloureusement en prison par son client qui regrette amèrement son geste et souffre d'avoir provoqué la mort de son ami pour des motifs futiles, demanda au tribunal la requalification de crime avec préméditation pour celui de coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Le verdict du tribunal fut sans équivoque: 20 années de prison, 30 millions de centimes, à titre de réparation matérielle, à la mère de la victime et 4 millions de centimes à chacun de ses frères au nombre de dix.