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Par Samia Boulahlib Sur les 60 000 cas de cécité recensés en Algérie, soit 2 aveugles par 1 000 habitants, 15 000 sont dus au glaucome. Ces chiffres ont été révélés lors du 24ème congrès national d’ophtalmologie ouvert jeudi dernier à l’hôtel El Aurassi. «Afin de réduire le risque de perte de vue totale, il est recommandé un dépistage précoce de cette affection.» C’est du moins ce qu’a indiqué le président de la société algérienne d’ophtalmologie, M. Amar Ailem, lors de l’inauguration de cette rencontre scientifique qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Cette importante rencontre a regroupé environ 700 participants, d’éminents spécialistes en ophtalmologie qui ont abordé plusieurs problèmes liés à cette pathologie. M. Ailem a révélé que le problème le plus grave qui existe en Algérie, c’est celui du glaucome, faisant allusion au manque de moyens et de dispositions dans notre pays. Le glaucome est la première cause de cécité en Algérie depuis l’éradication de la cataracte en tant que source durable de cécité. Cette pathologie touche essentiellement les personnes âgées de plus de 40 ans. Environ 400 000 personnes sont concernées par cette affection mais une grande partie l’ignore parce qu’elle évolue insidieusement sans douleur ni rougeur (symptômes non apparents). C’est pourquoi, préconise le Pr Ailem, une visite médicale est vivement conseillée. Selon lui, «seul un dépistage précoce de cette affection par la mesure de la tension oculaire, un relevé du champ visuel et l’examen du fond d’œil permet une prise en charge correcte de cette pathologie et même de prévenir la cécité». Le spécialiste a souligné également qu’il est impératif de «consulter un ophtalmologue avant 50 ans pour faire mesurer la tension oculaire car, ajoute-t-il, cela permettra d’éviter le risque de destruction du nerf optique qui est irrémédiable et provoque systématiquement la cécité». Par ailleurs, la diversité des écoles et des approches en ophtalmologie dans les pays développés a fait l’objet de plusieurs débats. Le président de la sao a précisé à ce propos que «cette importante rencontre permettra de partager et de diagnostiquer avec les ophtalmologues italiens, français et surtout allemands et japonais qui ont des approches différentes dans le traitement thérapeutique et préventif lié à l’aspect économique. Notre but essentiel, poursuit-il, «est d’améliorer la prise en charge sanitaire et de contribuer à élever le taux d’efficacité dans les traitements ophtalmologiques en Algérie d’une manière générale». Dans le même contexte, les spécialistes présents ont évoqué longuement le deuxième problème qui est celui du décollement de la rétine. Selon une intervenante, cette maladie suscite une intervention chirurgicale obligatoire et nécessite également un transfert à l’étranger. Les participants ont montré le rôle de l’imagerie médicale, mettant en exergue les techniques modernes d’imagerie utilisées en ophtalmologie, tant dans le secteur public que dans le privé. Le Pr. Ailem a, en outre, souligné les efforts déployés par l’Algérie pour éliminer certaines maladies comme le trachome et la cataracte qui est la première cause de cécité dans le monde entier. «On est l’un des rare pays en voie de développement à l’avoir éradiquée dans son aspect de cécité durable.» Concernant la greffe de la cornée, le Pr Ailem a indiqué que la législation autorise le prélèvement de ce corps, «la loi de 1985 a été claire à ce propos, mais toujours est-il que cela dépend de conditions liées aux parents du défunt», en précisant que, sans l’autorisation de ses parents avec le consentement de son vivant, il est quasiment interdit de greffer ce corps alors qu’après 12 heures la cornée n’est plus valable pour le prélèvement. «Nous souhaitons, ajoute-t-il, amender cet article de leur vivant comme dans les pays développés et ce, pour dynamiser les dons d’organes de façon à réduire ainsi le recours à l’importation de l’étranger, sachant que les cornées sont importées des Etats-Unis.» Rappelant que l’Algérie est très avancée sur le plan technique dans ce genre d’opérations. Il a, à cet effet, interpellé les imams en les incitant à créer une banque de cornées. Tout en déplorant certaines tendances qui disent que de la religion s’y oppose. Alors que, pour lui, l’islam ne conditionne point ce genre de pratiques et ne doit pas freiner la greffe et surtout en cas de nécessité et pour permettre la survie et le bien-être de l’être humain. «C’est une mesure, dit-il, permettant d’assurer l’équilibre entre l’offre et la demande. Les spécialistes sont en mesure de réaliser 2 000 greffes de la cornée par an», a-t-il précisé. Le Pr Ailem a, par ailleurs, exprimé au nom de l’association son mécontentement de l’ouverture de cette spécialité aux étrangers, soulignant que les ophtalmologistes algériens couvrent les besoins du pays «quantitativement et qualitativement». Il a, à ce propos, appelé le ministère de la Santé à aider les associations scientifiques, au nombre de 60, pour faire bénéficier les spécialistes de la formation continue et leur permettre de tirer profit des expériences des autres pays. S. B.
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