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Les noyés de l’imprévoyance et de l’improvisation
Par Hocine Lamriben Puits sans lisières de protection, oueds sans ponts aménagés, retenus collinaires laissées ouvertes aux quatre vents ; ces lieux risquent de devenir de véritables coupe-gorge. De nombreux enfants innocents y ont laissé la vie. S’il n’y a pas de statistiques exhaustives sur cette nouvelle forme de péril affectant particulièrement les bambins, il n’en demeure pas moins que la presse regorge de ces faits divers dramatiques. Progéniture de misère, certains galopins viennent vers ces endroits maléfiques chercher détente et farniente. La trempette dans des eaux troubles s’avère au bout du compte un aller sans retour. Une mort garantie. Inconscients du danger, plusieurs enfants ont été engloutis par les sables mouvants de mares laissées sans clôtures et de barrages envasés peu surveillés. La saison estivale est réputée être une période funèbre en ce genre d’accidents. L’hiver aussi ne manque pas à sa sinistre réputation de saison charriant mort et désolation. Des citoyens ont été souvent surpris par la furia des eaux d’un oued dépourvu de gué de passage. La mémoire est encore fraîche des cinq enfants morts dans une mare à eau à Tissemsilt en septembre dernier. Issus de la famille Malki, du douar de Hetatcha, commune de Amari, à 17 km du chef-lieu de wilaya, ces enfants sont venus dans cette maudite mare laver des sacs de semoule. Ils sont décédés après la tentative courageuse de chacun de sauver sa sœur ou son frère. La mort a été plus forte et cynique face à la témérité et la ténacité de ces corps frêles de petits bouts de chou. Ces vaillants gavroches avaient pour noms Atika, 14 ans, Fouzia, 11 ans, Bilel 10 ans et Warda, 6 ans. Pas plus tard que le week-end dernier, deux autres enfants, Nadjet H., 12 ans, et son frère, Bilel, 9 ans, ont perdu la vie, jeudi dernier, après leur chute dans une retenue d’eau à Haouch Sabou, dans la commune de Birtouta proche d’Alger, selon la Protection civile. La retenue d’eau de 25 mètres carrés, lieu de la noyade, servait à l’irrigation des terres agricoles dans la région, ajoute cette source. Dans la même journée, la Faucheuse a frappé dans la wilaya d’El Taref. En effet, deux enfants, B. O. et B. H., âgés de 2 ans, ont perdu la vie dans la commune de Bouhadjar, relevant de la wilaya de Taref, après avoir chuté dans un puits, a indiqué la Gendarmerie nationale. Les enfants jouaient dans le jardin avant de perdre pied dans ce lieu mortel. Selon les premiers éléments d’information, il ressort que la plupart des enfants qui meurent dans ces endroits sont issus souvent de familles défavorisées des wilayas de l’intérieur. Impuissantes à assurer des loisirs et des vacances de charme à leurs enfants, à l’instar des familles nanties, ces ménages laissent leur progéniture à la merci de la tentation et du danger des oueds et autres barrages. Ces incidents déplorables viennent désespérément mettre à nu l’imprévoyance et l’improvisation des pouvoirs publics ou des parents des enfants à sécuriser ces îlots qui peuvent se révéler mortels. H. L.
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